La Société canadienne pour les sciences moléculaires (SCBM) accueille favorablement les nouveaux investissements en recherche annoncés dans le budget fédéral 2025 par le gouvernement du Canada, mais s’inquiète du fait que ce budget affaiblit plutôt qu’il ne renforce l’écosystème canadien de la recherche. Alors que le gouvernement met l’accent sur « l’efficacité » et les « investissements ciblés », il manque un financement de base durable et prévisible pour la recherche fondamentale, qui constitue le moteur de l’innovation, des sciences appliquées et de la compétitivité à long terme du Canada. Le portefeuille scientifique canadien serait mieux équilibré s’il combinait l’attraction de talents internationaux, la promotion et le soutien des talents formés au pays, ainsi qu’un renforcement accru du financement des trois conseils subventionnaires.
La nouvelle Stratégie d’attraction des talents internationaux du gouvernement, qui prévoit environ 1,7 milliard de dollars sur 13 ans pour les chaires de recherche, les infrastructures et le recrutement, constitue une reconnaissance bienvenue de la concurrence mondiale pour les talents. Toutefois, sans augmentation correspondante des budgets des conseils subventionnaires fédéraux, ni les chercheurs nouvellement recrutés ni les chercheurs établis au Canada ne disposeront des ressources suffisantes pour soutenir leurs programmes de recherche. En particulier, les boursiers postdoctoraux et les chercheurs en début de carrière déjà en poste au Canada risquent d’être désavantagés en raison d’un déplacement de l’attention et des fonds vers les nouvelles recrues internationales plutôt que vers celles et ceux déjà présents au pays.
L’investissement annoncé de 1 milliard de dollars sur 13 ans (dans le cadre du 1,7 milliard) pour de nouvelles chaires de recherche, bien que substantiel sur papier, ne représente que 125 à 200 postes à l’échelle nationale, un investissement modeste lorsqu’il est réparti sur plus d’une décennie. Combiné à une réduction obligatoire de 2 % des budgets des conseils subventionnaires dans le cadre de l’examen des dépenses du gouvernement, et aux pressions inflationnistes continues, cela se traduit par une perte nette pour l’écosystème canadien de la recherche.
De plus, le budget prévoit des réductions de la capacité de recherche au sein de ministères fédéraux tels qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada, Santé Canada et le Conseil national de recherches du Canada, qui jouent pourtant un rôle essentiel dans le développement de l’innovation et des technologies canadiennes. Cela réduira davantage la capacité scientifique globale du pays.
La SCBM exhorte le gouvernement à reconnaître que l’attraction de talents internationaux et l’avancement de l’innovation ne peuvent réussir qu’avec une base solide et durable de recherche fondamentale. L’excellence de la recherche canadienne repose sur un investissement constant et soutenu dans les personnes, les subventions de fonctionnement et les infrastructures de recherche.








